Kiss The One We Are de Daniel Linehan

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Dans Kiss The One We Are Daniel Linehan invite neuf danseurs à réfléchir sur leurs histoires et sur le rôle que la danse a joué dans leur vie.

Sur la scène à jardin, un grand rideau d’angle ferme l’espace. Quelques branches d’arbustes disséminées esquissent une idée de nature. Neuf interprètes sont au plateau. L’un deux occupe une place centrale assis à l’intérieur d’un cercle dessiné au sol. Devant lui un petit brasero est allumé, seule source lumineuse. S’écoule de longues minutes silencieuses pendant lesquelles chacun.e regarde les flammes vaciller. Puis celui disposé au centre s’empare d’un tambour qu’il frappe avec vigueur, s’accompagnant de cris avant de reposer l’instrument. On imagine ce personnage comme un shaman ouvrant une cérémonie de danse.

Une danse qui passe de l’un.e à l’autre.

Ainsi commence une première danse en solo qui se transforme en un duo puis en trio. Enfin, tous se mêlent à une danse qui devient collective par petits groupes qui se réagencent, se fractionnent, se dispersent et se retrouvent. On tourne beaucoup autour du cercle qui s’efface peu à peu. Chaque interprète use de son vocabulaire propre qui semble quelques fois se transmettre à ceux qui souhaitent s’en emparer. Même un peu à l’écart du groupe ou lorsque de brefs solos sont dansés le/la danseur.se n’est jamais tout à fait seul.e dans Kiss The One We Are de Daniel Linehan.

Danser ensemble dans un élan commun.

Durant le spectacle d’1h20, les interprètes paraissent s’appliquer à quelque cérémonie ou rituel dont le sens nous échappe quelque peu. Ils placent des pierres sur des stèles de bois, qu’ils se passent ensuite de main en main, prétextes à de petites danses individuelles. Plus tard, ils viennent vider des sauts de sable rouge sur tout le plateau. Un nouveau paysage se dessine qui sera à son tour foulé aux pieds. Longs moments de giration durant lesquels les danseurs se tiennent, se touchent, se frôlent, s’écartent, mais reviennent finalement toujours happés par le centre de ce noyau tournoyant.

“La danse (écrit Daniel Linehan) a le potentiel d’établir des liens entre les histoires individuelles et de rassembler ces histoires dans un champ de jeu commun, à travers la connexion physique des corps ainsi que l’attention que nous nous accordons les uns aux autres lorsque nous partageons des expériences incarnées”.

C’est effectivement ce à quoi nous assistons avec Kiss The One We Are : hymne à la simplicité, au collectif, à la nature comme socle commun partagé par ces neuf interprètes qui pour certains font partie du projet Dance On Ensemble (interprètes de > 40 ans). Mais si la pièce n’est pas avare en images poétiques, la danse nous semble laisser trop de place à des moments en manque d’écriture qui auraient mérité d’être alors resserrés.

Kiss The One We Are de Daniel Linehan vu le 712/2023

Concept et chorégraphie : Daniel Linehan
Création et performance : Javier Arozena, ziv Frenkel, Gorka Gurrutxaga Arruti, Anneleen Keppens, Noa Liev, Omagbitse Omagbemi, Jean-Baptiste Portier, Jone San Martin, Louise Tanoto

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