Festival Everybody : Labbat, Vallon, Muñoz

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Retour sur les 3 spectacles – performances programmés lors des 2 premières soirées du festival Everybody : Whip de Georges Labbat, Dioscures de Martha Izquierdo Muñoz et The World was on fire de Nina Vallon.

Whip de Georges Labbat.

festival everybody : Labbat, Vallon, Munoz
WHIP © David Le Borgne

Première performance de la soirée, celle de Georges Labbat pour un trio qui mania le fouet (whip) avec dextérité. Dans la halle du Carreau du Temple coupée en deux pour l’occasion, d’énormes projecteurs sont répartis tout autour de l’espace. Dès les premières notes d’une bande son vrombissante, le public se presse autour d’une première danseuse qui entame une déambulation au milieu du public tout en retirant avec lenteur ses vêtements. Se dénudant peu à peu, elle n’est plus vêtue que d’une combinaison de couleur chair qui épouse le corps et d’un fouet noué autour de sa taille qu’elle défait et prend en main. Elle rejoint deux autres performeur.euses dont Georges Labbat lui-même.

Les 3 font tournoyer au-dessus de leurs têtes le fouet qu’il/elles tiennent en main dessinant peu à peu une chorégraphie sonore, à l’unisson ou en canon. Objet utilisé habituellement comme outil de contrainte, de punition ou de sévices, le fouet devient artifice mais portant encore toute sa charge symbolique d’une violence potentielle. Le public ne s’y trompe pas qui s’écarte progressivement et prudemment puis reste à bonne distance, laissant les performeur.euses au centre du cercle. La performance évolua après quelques variations sonores vers un porté et un regroupement des trois interprètes pour conclure. Une performance qui, partant de peu, emporta les applaudissements nourris du public venu tout exprès semble-t-il pour assister à ce Whip.

Whip, chorégraphie : Georges Labbat.
Interprètes : Synne Elve Enoksen, Letizia Galloni, Georges Labbat.


Dioscures de Martha Izquierdo Muñoz.

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Dioscures © JMC2

Avec cette création, Marta Izquierdo Muñoz met en scène deux performeurs androgynes Mina Serrano de Madrid et Ébène de Toulouse et ravive le mythe des Dioscures, les inséparables jumeaux Castor et Pollux. Tout d’abord réunis et fusionnant sur le même praticable, exécutant des poses symétriques en miroir, les deux performeurs vont peu à peu se séparer, comme les deux frères Titans qui auraient été séparés par une montagne, celle des Pyrénées. On les voit donc s’affronter dans une joute de situations chorégraphiques qui empruntent tout à la fois à la danse contemporaine et aux danses des communautés de clubbing telles le voguing, le waaking, en passant par le disco. Un duo très queer et réjouissant.

Dioscures, conception, chorégraphie : Marta Izquierdo Muñoz.
Interprètes : Ébène, Mina Serrano.


The World was on fire de Nina Vallon.

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The World Was On Fire © Mireille Huguet

Dans une atmosphère sombre et austère, cinq femmes sont astreintes à des tâches alternant dans de beaux fondus au noir. Vêtues d’amples robes noires et de collerettes blanches on les croirait sorties d’une autre époque, celle d’un 17ᵉ siècle espagnol. Tout d’abord soumises à leurs ouvrages et à leurs robes faites dans les pendillons de velours noir du théâtre, elles vont peu à peu s’en affranchir – sortir du décor au sens littéral – et prendre leur liberté au son de chansons jouées et chantées live par l’une des interprètes, Marine Colard.

Mais on s’est un peu perdu dans ce manifeste féministe à multiples entrées qui oscille entre danse, théâtre, musique, chansons et prises de paroles (liste à la Prévert d’un lexique ménager, description d’un tableau d’Amélie Beaury-Saurel). Bien que le fil directeur soit à trouver dans le titre lui-même emprunté à une chanson de Chris Isaak, Wicked Game, commençant ainsi ” The world was on fire and no-one could save me…”, reprise en chœur par les interprètes au cours du rappel.

The World was on fire, chorégraphie, conception : Nina Vallon.
Interprètes : Margaux Amoros, Arielle Chauvel-Lévy, Marine Colard, Justine Lebas, Yasminee Lepe, Nina Vallon.


Vus le 10/02, festival Everybody