Noa Eshkol (1924-2007). Danse et compositions, une exposition au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris (16 avril-30 août 2026), révèle une figure majeure mais peu connue de la danse des années 1950. Chorégraphe, théoricienne et artiste textile, Noa Eshkol a bâti une œuvre singulière à la croisée de la scène, de la notation du mouvement et des arts visuels.
Notation du mouvement : la méthode EWMN.
Formée à Tel Aviv auprès de Tille Rössler – élève de Gret Palucca, exilée d’Allemagne en 1933 –, elle étudie ensuite la cinétographie Laban à Manchester. De retour en Israël dans les années 1950, elle crée avec i’architecte et collaborateur Avraham Wachman : l’Eshkol-Wachman Movement Notation (EWMN), publié à Londres en 1958. Ce système d’analyse et de création chorégraphique se déploie dans une première section de l’exposition à travers dessins, partitions, photos, et films notamment celui de la Peacock Dance.

De la danse au textile : les wall carpets.
Après la guerre du Kippour (1973), Eshkol abandonne la danse pour les wall carpets, vastes compositions de tissus récupérés dans les ateliers de confection et cousus avec précision. Ces assemblages colorés prolongent sa quête de rythme et de structure, évoquant les collages de Kurt Schwitters par leur économie de moyens ou l’abstraction vibrante de Sonia Delaunay par leurs contrastes chromatiques.

The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation

The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation
Une épure du geste.
L’exposition se referme sur la vidéo de la danseuse Ruti Sela qui exécute quatre exercices dans la notation du mouvement Eshkol Wachman, filmée par Sharon Lockhart dans un espace neutre de volumes gris. Les séquences chorégraphiques d’Eshkol fuient le spectaculaire pour privilégier structure, répétition et clarté. Cette sobriété focalise l’attention sur les articulations du corps, les directions spatiales et les relations gestuelles. L’exposition du mahJ révèle ainsi la cohérence d’une œuvre où danse et textile partagent la même rigueur géométrique et poétique.
Une exposition jusqu’au 30 août 2026.
Photographie de couverture : Théodore Brauner (phot.), Noa Eshkol danse Peacocks [Paons]
© Paris, Adagp, 2026.
Pour en apprendre d’avantage sur l’exposition Noa Eshkol (1924-2007). Danse et compositions, on pourra lire l’article de Pascale Samuel conservatrice du patrimoine responsable de l’art moderne et contemporain au musée d’art et d’histoire du Judaïsme.
Consulter les archives de Noa Eshkol sur le site qui lui est dédié.
