Monte verdura : une performance d’Anna Chirescu

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Dans la performance Monte verdura (prélude), Anna Chirescu rend hommage aux femmes qui ont largement contribué à faire de Monte Verità un lieu d’utopies, mêlant féminisme, végétarisme et libération du corps.

Monte Verità, une histoire des utopies.

Le Centre culturel suisse, qui vient de rouvrir ses portes en ce mois d’avril après de longs mois de travaux, était à l’initiative d’une soirée consacrée à Monte Verità, colline située en Suisse italophone, devenue au début du XXᵉ siècle un lieu de vie alternative, de naturisme et de recherches sur la danse et l’alimentation. La soirée commença par une conférence, Monte Verità, histoire et futur du mont magnétique, réunissant Nicoletta Mongini, directrice de la culture à la Fondazione Monte Verità, et Federica Chiocchetti, directrice du Musée de Locle.

En attendant la performance d’Anna Chirescu, un buffet inspiré de la tradition culinaire de Monte Verità permettait aux spectateurs de patienter en goûtant à l’utopie végétarienne de cette colline mythique.

Monte verdura, une mise en scène des utopies.

Monte verdura (prélude), Anna Chirescu, photo © avoiretadanser

La performance débutait dans la cour du Centre culturel suisse, au son de la guitare de Baptiste Mayoraz et du chant de Maryfé Singy, fleurs dans les cheveux, vêtue de collants rose et d’une sur blouse blanche. Puis, il et elle rejoignaient Anna Chirescu déjà en salle, suivis d’un public nombreux.

Pour redonner corps et toute la place méritée à ces figures féminines qui ont contribué à faire de Monte Verità un lieu d’utopies, Anna Chirescu et Maryfé Singy mirent en scène voix, corps, costumes et végétaux, brassant textes, danses, dégustation végétarienne, le tout soutenu par la trame sonore jouée en direct par Baptiste Mayoraz et constituée d’éléments électroniques, ritournelles et récits parlés. En convoquant et en croisant tous ces éléments dans un grand patchwork, la performance reprenait à son compte l’utopie d’un rapport renouvelé et décomplexé au corps, à la nature et aux formes de communauté.

Figures féminines de Monte Verità.

Dans Monte verdura, Anna Chirescu rend ainsi hommage aux grandes figures féminines de Monte Verità, dont Ida Hofmann, cofondatrice du lieu et porteuse de l’utopie végétarienne et féministe ; Isadora Duncan et Mary Wigman, qui y pratiquèrent une danse libre, loin des conventions scéniques ; Sophie Taeuber, figure de l’avant‑garde dadaïste. En convoquant ces pionnières, Monte verdura ne se contente pas de commémorer une utopie passée : elle en fait un terrain de jeu pour interroger, aujourd’hui, la place des femmes, des corps et de la nature dans la société contemporaine. Dans Monte verdura, l’utopie se laisse approcher avec humour et malice, sans se figer en un hommage solennel.

Monte verdura (prélude), vu au Centre culturel suisse le 25 avril 2026.
Conception : Anna Chirescu
Performance : Anna Chirescu, Maryfé Singy
Musique : Baptiste Mayoraz
Costume : Anna Carraud, Cathy Garnier, Alan Morelli
Conseil artistique : Federica Chiocchetti
Collaboration artistique : François Maurisse

Monte verdura, fut initialement créé en 2024 en écho à l’exposition la scia del monte qui s’est tenue au Musée des Beaux-arts Le Locle et au livre Les voix magnétiques et fut présenté au Pavillon suisse de la Biennale Arte à Venise en 2024.
Anna Cirescu est également programmée au festival June Events le 28 mai avec Autour de Monte Verdura.

Consulter le site d’Anna Chirescu.

Nos articles sur les créations d’Anna Chirescu : Dirty dancers, Ordeal by water.