Le festival Faits d’hiver a programmé au cours de la soirée Mystère d’hiver les dernières créations de Jean-Christophe Boclé, … est au-delà, une raison d’être… et d’Anne-Sophie Lancelin, Les Transparents. Deux pièces exigeantes qui portent leur part de mystère, ce qui les rend particulièrement précieuses. Il faut porter au crédit de Christophe Martin, directeur du festival, d’avoir réuni ces deux chorégraphes de générations différentes dans un même programme. Ces deux pièces développent une forme d’abstraction et les deux chorégraphes ont une écriture particulièrement musicale et poétique, mais leurs manières de faire danser les corps diffèrent nettement.
… est au-delà, une raison d’être… de Jean-Christophe Boclé.
Sur un plateau nu, s’installe un trio de musiciens (piano, et deux saxophones) et 4 interprètes. Trois sont allongés de dos en fond de scène. La quatrième danseuse entame une séquence qu’elle répète trois fois. La phrase est identique, mais l’orientation change à chaque nouveau départ. Cette entame de quelques minutes irradie déjà le plateau des lignes de force qui peu à peu vont se complexifier par la superposition et la démultiplication des trajectoires des quatre interprètes.
Ce quatuor dessine peu à peu comme une constellation en expansion permanente : courses, courbes, alignements, rapprochements puis séparations, chutes, disparitions, se succèdent. C’est une exploration du vivant et de son mystère : les corps naissent, se déplacent, chutent, repartent, comme pris dans un cycle permanent de transformations. La chorégraphie de Jean-Christophe Boclé se dessine en continu selon des lignes dynamiques précises, leurs superpositions et une fluidité du geste qui les accompagnent. Sur le plateau, trois musiciens dialoguent avec le quatuor sur la partition d’Orlando Bass.
… est au-delà, une raison d’être… de Jean-Christophe Boclé vu le 30/01/25 dans le cadre du festival Faits d’hiver.
conception et chorégraphie : Jean-Christophe Boclé.
création musicale : Orlando Bass.
interpètes : Aure Barbier, Constance Pidoux, Hugues Rondepierre, Charles Noyerie.
et les musiciens : Yumi Otsu – piano, Eudes Bernstein – saxophone alto, et André Tallon – saxophone ténor.
lumière : Saïd Fakhoury et Benoît Harang.
costumes : Isabelle Deffin.

Les Transparents d’Anne Sophie Lancelin.
Les Transparents d’Anne-Sophie Lancelin prend appui sur ces êtres qui traversent la littérature jusqu’à René Char qui en a fait une figure récurrente dans son œuvre. Ils sont « vagabonds luni‑solaires » : figures entre nuit et jour, lune et soleil, visibles/invisibles, qui passent sans s’attarder, porteurs d’une lumière intérieure plutôt que d’un statut social.
Sur scène, cinq interprètes donnent corps à des figures mystérieuses, des êtres à la fois tangibles et irréels, proches et pourtant insaisissables, logés entre deux mondes. La pièce, portée par un montage de musiques allant de György Ligeti à Domenico Scarlatti, Erik Satie ou Iannis Xenakis, tisse un dialogue tout en résonance entre danse et paysage sonore.
Les danseurs apparaissent, se croisent, se soutiennent, puis disparaissent comme ils sont venus, sans brusquer rien ni personne. Leurs corps, poreux à l’espace, à la lumière et à la musique, superposent les plans de réalité et ouvrent un paysage sensible où l’on perçoit la fragilité des présences. La chorégraphie privilégie un mouvement intérieur, précis et musical, qui laisse affleurer sensations, respirations et états de corps plutôt qu’un récit linéaire. Les Transparents invite chaque spectateur à une expérience contemplative.
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Les Transparents d’Anne-Sophie Lancelin vu le 30/01/25 dans le cadre du festival Faits d’hiver.
chorégraphie : Anne-Sophie Lancelin.
avec : Aurélie Berland, Victor Callens, Christine Gérard, Anne-Sophie Lancelin et Carole Quettier.
musique : Heiner Goebbels, György Ligeti, Luzzasco Luzzaschi, Erik Satie et Domenico Scarlatti.
lumière et régie générale : Xavier Carré.
costumes : Catherine Garnier.

